| Quel est votre point de vue, en tant que journaliste, sur le faît que la législation américaine puisse régir les droits d'auteur au niveau internationnal concernant le livre électronique de Google ? Posée par Eugenie le 23 avril 2009 à 10:41 | | C'est évidemment un non-sens, ce que l'on pourrait appeler une forme de mondialisation à géométrie variable. Les stratégies de Google ont une portée planétaire, mais l'encadrement de cette stratégie est locale. Il m'apparaîtrait normal que des enjeux qui dépassent les frontières puissent être encadrées de façon supra-nationale, comme on en discute actuellement pour l'encadrement du système financier mondial. Et à l'autre bout, il m'apparaît normal et légitime que l'on respecte les pays, leurs lois et leur identité. |
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| Bonjour, j'ai entendu dire que le journal anglophone Guardian n'allait plus édité de version papier de leur journal mais allait uniquement diffuser des informations sur leur site Internet. Pensez-vous que l'ensemble des journaux vont suivre ce mouvement d'informatisation ?
Les droits d'auteur des journalistes sont-ils protégés de la même façon sur papier qu'en version informatisée ? Posée par Ivan le 23 avril 2009 à 16:12 | | Non, je ne crois pas. Comme dans le cas du livre, le journal-papier apporte au lecteur des éléments uniques : le charme de la lecture, la " portabilité ", la facilité de consultation. Comme pour le livre, tant que l'on n'aura pas inventé un support facile à transporter et qui permet une lecture agréable, il y aura de la place pour les versions-papier. Cela étant dit, on assiste à un processus de réduction de la taille des journaux-papier, pour des raisons de coût et pour des raisons environnementales. Par ailleurs, l'utilisation de l'Internet modifie les habitudes de lecture. Un journal doit donc de plus en plus être conçu pour plusieurs plate-formes. Pour les droits d'auteur, cela ne change pas grand chose dans les grands quotidiens, où la plupart des journalistes sont salariés, syndiqués, et cèdent en fait leurs droits à l'employeur. La compensation pour les droits d'auteur associés à d'autre plate-formes que le journal traditionnel sont en général pris en compte dans les négociations collectives, plutôt que sur une base contractuelle entre le journaliste et le quotidien. |
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| Que pensez-vous de l'avenir de la presse écrite, quand on songe aux lobbies ? Posée par caroline le 23 avril 2009 à 16:22 | | Je suis inquiet pour l'avenir de la presse écrite. Mais pas à cause des lobbies. Nous sommes assez bien protégés contre les lobbies, notamment grâce à la grande diversité des sources d'information. La presse écrite n'évolue pas en vase clos, elle coexiste avec des magazines, avec la télé, avec la radio, et maintenant avec toutes les formes d'information provenant de l'Internet. Il y a assez de sources variées, aux allégeances diverses, pour nous protéger des lobbies et de la pensée unique. |
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| Un éditeur se sert d'un extrait d'un article de journal pour faire la promotion d'un livre, est ce que l'éditeur doit payer des droits d'auteur ? Posée par Olivier le 23 avril 2009 à 16:23 | | Non. De façon générale, les journaux acceptent qu'on les cite ou qu'on utilise des extraits d'article sans exiger de droits, parce qu'on part du principe que ce qui est publié est du domaine public. En général, on demandera cependant que la source soit bien identifiée. Le problème précis que pose l'utilisation d'extraits à des fins de promotion est d'un tout autre ordre, et c'est une question d'éthique. La réticence face au fait qu'un article soit utilisée à des fins promotionnelles, tant pour la vente d'un livre, d'un film ou d'un parti politique. Les journalistes insistent sur la séparation absolue entre le journalisme et la publicité et maintiennent donc une barrière étanche entre ces deux activités au sein de leur journal. Le débat se pose donc en d'autres termes liés à la nature de la promotion : si un journaliste estime qu'il est utilisé ou que ses idées sont déformées par l'utilisation d'extraits, que son image en souffre, il réagira négativement. S'il estime que ces extraits contribuent à son rayonnement, il acceptera. |
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| Suite à votre réponse disant que les journalistes ne veulent pas mêler journalisme et publicité, que devons nous penser des publi-reportages ? Posée par Olivier le 23 avril 2009 à 16:38 | | Dans les grands quotidiens, il existe des règles très précises pour éviter que des textes publicitaires soient confondus avec des textes d'information, par exemple en ne permettant pas l'utilisation des mêmes outils graphiques (caractères, style de mise en page etc) et en général en précisant clairement qu'il s'agit de publi-reportages. Mais la confusion peut parfois exister. C'est là toute le défi des médias qui vivent de publicité et où la main gauche doit ignorer ce que fait la main droite. Dans d'autres types de médias, par exemple les hebdos régionaux ou certains magazines de " trade ", la frontière entre le rédactionnel et le publicitaire est beaucoup plus floue. |
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| À votre avis, pourquoi les médias ne donnent-ils pas plus de place au livre ? Posée par Géraldine le 23 avril 2009 à 16:49 | | Bonne question! En principe, nous devrions être du même bord, parce que notre survie dépend de l'amour de la lecture sous toutes ses formes. Si on en fait moins que certains le souhaiteraient, c'est en partie pour des raisons économiques. C'est la publicité, et non pas le prix du journal, qui fait vivre les quotidiens. En général, la taille d'un journal dépendra de la quantité de publicité, avec des mécanismes pour maintenir un équilibre entre la publicité et l'espace rédactionnel. Si la publicité est rare, comme par exemple un lundi, le journal sera pas mal plus mince. La même logique s'applique plus ou moins à chaque section. Le fait qu'il y ait très peu de revenus publicitaires associés au livre, un univers qui ne roule pas sur l'or, fait en sorte que les cahiers livres ne procurent pas de revenus, pas même assez pour payer le papier. C'est une contrainte importante. Un journal qui propose un cahier livre substantiel le fait à perte, c'est une sorte de subvention. C'est ce qui explique, par exemple, que le Globe and Mail a abandonné son tabloid-livre pour proposer le contenu sur son site web. |
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